In memoriam : Ion-Valentin Vlad, Président de l’Académie Roumaine


 La Maison Roumaine a annoncé le décès du Président de l’Académie Roumaine, Ion-Valentin Vlad, éminent physicien, pionnier dans le domaine du laser en Roumanie et grand promoteur de la collaboration franco-roumaine, membre de notre association, le 24 décembre 2017, jour de sa mort.  Sa personnalité complexe, celle d’un savant, ingénieur-chercheur, de haut niveau et en même temps catholique pratiquant, son engagement pour la promotion des valeurs européennes et de la spécificité roumaine ainsi que le soutien qu’il a toujours accordé à notre association, nous déterminent de revenir avec quelques détails et précisions.

Ion Valentin Vlad est né à Bucarest, le 22 septembre 1943, provenant d’une vieille famille originaire de Transylvanie, de la région d’Alba-Iulia par son père et du Maramures par sa mère. La famille fut présente dans la vie politique et culturelle du Pays et ses parents vont se réfugier à Bucarest suite au dictat de Vienne et l’occupation, en 1940, de la Transylvanie du nord par la Hongrie.  Son père fut un brillant ingénieur des eaux et forêts qui passa sa thèse de doctorat à l’Université de Munich et se spécialisa ensuite à l’Ecole des Eaux et Forêts de Nancy ; il fut emprisonné par les communistes. Sa mère, née Timis, diplômée en sciences économiques, subira elle aussi les persécutions communistes.

Ion Valentin Vlad a fait ses études secondaires et universitaires à Bucarest, à l’Institut Polytechnique, Faculté d’Electronique et Télécommunications, où il obtient en 1966 le titre d’ingénieur. Il intègre ensuite le laboratoire « Méthodes optiques en Physique nucléaire » (conduit par l’académicien Ion Agarbiceanu) de « l’Institut de Physique Atomique » de Bucarest où il travaille en tant que chercheur dans le domaine des lasers et va poursuivre ses études en France (1969 – 1970). Ici, il travaille d’abord sous la direction du professeur Maurice Françon dans le « Laboratoire d’optique cohérente et holographie », fondé par ce dernier à l’Université de Paris VI et ensuite au « Laboratoire de Marcoussis » de la CGE. De retour à Bucarest il passe, en 1972, sa thèse intitulée : « Méthode de traitement de l’information dans l’holographie conventionnelle en temps réel » et obtient le titre de docteur-ingénieur.

En tant que chercheur I.V. Vlad va jouer un rôle de premier plan dans ses domaines d’expertise : optique non linéaire, nano-optique, holographie, instruments avec laser. Il réalisera les premiers hologrammes professionnels et les premières machines holographiques (en collaboration) en Roumanie. Il va enseigner également à l’Université de Bucarest où il va devenir professeur et sera élu en 1991 membre correspondant de l’Académie Roumaine, pour devenir ensuite membre titulaire en 2009, son Vice-président (2010 – 14) et Président en 2014. Il s’imposera non seulement au plan national mais également international. I.V. Vlad deviendra membre de plusieurs institutions prestigieuses tel fellow SPIE (the Society of Photo-Optical Instrumentation Engineers) et recevra de nombreuses distinctions et prix dont le prix Galileo Galilei. Je me rappelle la considération et l’appréciation avec laquelle le professeur Jean Bulabois, un des pionniers du laser en France, le président de l’Université de Technologie de Belfort-Montbéliard (UTBM) où j’étais professeur, me parlait de I.V. Vlad.

J’ai rencontré pour la première fois Valentin Vlad, au début des années 1990, au PNTCD, le parti chrétien démocrate de Roumanie, dans le cadre duquel nous militions tous les deux pour la sortie de la Roumanie du communisme et son retour dans le monde des valeurs occidentales. Il m’a fait savoir que nous étions apparentés, des cousins éloignés, comme c’est le cas souvent en Transylvanie. Au fil du temps nous sommes arrivés à mieux nous connaitre et nos relations se sont renforcées ; il venait assez souvent en France dans le cadre de ses recherches et responsabilités professionnelles. J’ai pu apprécier ses grandes qualités humaines qui le caractérisaient à côté de celles de l’homme de science et de citoyen engagé : une grande générosité et finesse, une discrétion, une délicatesse, une modestie qui m’ont profondément impressionné. J’ai connu également sa famille, sa femme Adriana, sa fille Ana, son gendre Adrian et leurs deux jeunes enfants, une famille unie et solidaire, partageant les mêmes valeurs. Les trois adultes sont eux aussi membres de notre association et nous sommes très honorés, les remercions et les prions encore une fois d’accepter nos plus sincères condoléances. Nous serons par la pensée à côté d’eux lors de la cérémonie de commémoration de 40 jours (parastas) qui aura lieu le samedi 3 février 2018, 10h30 à la cathédrale catholique Saint Joseph de Bucarest.

                                                                                                         Paix à son âme !

                                                                                                        Alexandre Herlea

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